Comment survivre dans un monde de brutes quand on est petit, faiblard et pacifiste ?
L’été est donc passé avec son cortège de canicules et de couverture média perfectible sur les bonnes affaires des vendeurs de glaces (non non, ce n’est pas une blague !)
Et alors que la rentrée se profile, il est temps de se demander à quelle sauce nous allons être mangés et le moins que l’on puisse dire, c’est que la pilule risque d’être amère.
Drôle de monde d’après…
Que les ennuis viennent des tensions sociales non résolues entre une classe dirigeante qui continue de promettre plus dans un monde qui ne peut plus le fournir et crée des blocages systémiques.
Ce n’est pas comme si nous n’étions pas prévenus depuis deux siècles :
Que les ennuis viennent de la situation économique mondiale qui va concerner de très près tous les acteurs économiques souhaitant exporter vers les Etats Unis ou simplement les conséquences d’une guerre commerciale de l’autre côté du monde entrainant toujours plus d’embargos sur l’exportation de terres rares et autres semi-conducteurs.
Nous rentrons dans le dur d’un monde qui a laissé les illusions de la mondialisation heureuse derrière lui et qui sous le double effet des pics de production de certaines ressources et de l’intensification de la compétition pour les obtenir.
Le tout dans un contexte de besoins d’investissements croissants pour maintenir un niveau de vie et de confort menacé par les aléas climatiques et la fin des ressources abondantes.
Bref, un monde de brutes.
Seulement voilà, quand les super prédateurs affichent au grand jour que plus grand chose ne les retiendra d’obtenir ce qu’ils veulent, le reste du monde en subit les remous sans vraiment avoir son mot à dire.
Aussi, pour cette rentrée, je vous propose quelques pistes pour répondre à la question qui va probablement rythmer la période dans laquelle nous sommes depuis le début de l’année : comment survivre dans un monde de brutes quand on est petit, faiblard et pacifiste ?
Réapprendre le commun
Le premier réflexe du petit poisson en présence de requins est de faire masse. Trouvez des alliés et formez des coalitions.
Que ce soit en groupement d’achats pour peser face à des donneurs d’ordres. En alliance de filières pour sécuriser une verticale. En réseau pour proposer des offres plus complètes, en copropriétaires ou en voisins gérant un espace ou des services communs…
La période de la mondialisation heureuse et sa valorisation sans nuances de la performance ont créé une illusion selon laquelle chaque entité, chaque personne avait des intérêts tellement spécifiques qu’ils ne pouvaient être satisfaits qu’en toute indépendance.
Il y a même une blague qui tournait un temps dans les cabinets de conseil pour savoir combien de temps il se passerait avant qu’un nouveau client nous annonce “non, mais chez nous c’est pas pareil !” alors qu’en fait… si.
Cette illusion, évidemment, se brise dès que l’acteur persuadé de son exclusivité tombe sur plus gros que lui et se retrouve seul à devoir se défendre contre des aléas non maîtrisés.
Qui que vous soyez, quelque soit votre secteur, votre position, vos ambitions… il existe des personnes ou des acteurs qui ont des intérêts communs aux vôtres.
Trouvez les et consolidez ces intérêts.
Nous sortons d’un monde où l’individu était survalorisé tant que du pétrole abondant pouvait répondre à tous ses désirs sans aucun compromis. Le pic de production de pétrole est passé et les super prédateurs se battent pour ce qu’il reste.
Soit nous acceptons de faire en commun avec moins, soit nous acceptons la confrontation avec plus gros et plus violent que nous.
Ne pas trop se fier à ses acquis
Nous vivons un moment difficile pour les adeptes du bon sens. Sortant d’une période qui a duré des décennies, la quasi-totalité de nos expériences sont façonnées selon les règles d’un monde où les ressources sont présumées abondantes pourvu qu’on y mette le prix et où l’environnement est présumé stable pour une planification pluriannuelle. Ces deux hypothèses sont désormais obsolètes.
Peu importe que vous ayez le modèle d’affaires le plus efficace et le plus perfectionné si vous n’êtes pas assuré de la pérennité de votre fourniture de ressources. Peu importe que vous ayez un ROI stratosphérique s’il s’appuie sur des rejets dans l’environnement qui finiront par tourner l’opinion (ou les pouvoirs) publics contre vous.
La certitude est le luxe d’un monde stable. Dans celui dans lequel nous entrons, mesurez, doutez, mesurez une fois encore.
Si vous vous demandez avec quel outil mesurer, on a probablement des choses à se dire :
Simplifier, simplifier, simplifier
Quel est votre plan de continuité d’activité ? A partir de quel pourcentage de ressources entrantes êtes vous à l’arrêt ? Quels sont vos plans de recours si vos plans principaux sont victimes d’un aléa ?
Nous sortons d’un monde où il est vu comme une bonne affaire le fait d’aller chercher des fournisseurs les plus performants et les plus rentables quelque soit leur emplacement, leurs méthodes.
Nous entrons dans un monde où la prévisibilité et la soutenabilité d’un flux de capitaux ou de ressources va devenir de plus en plus important. Si votre fournisseur à l’autre bout du monde est situé en zone où passent des ouragans, des sécheresses, des inondations… Le coût de revient de ce que vous lui achetez n’aura pas grande importance lorsque le choc aura lieu. Si votre fournisseur est simplement de l’autre côté de l’océan, vous devez vous préparer à ce que l’administration locale décide subitement de changer les règles du jeu.
Plus vos schémas d’approvisionnement et de vente sont simples et contrôlables, moins vous serez sujet à ces chocs.
La robustesse ce n’est pas attendre passivement les chocs. C’est s’assurer que l’on est pas trop exposé et tester, mesurer, renforcer tout ce qui peut l’être pour qu’un cahot ne crée pas le chaos.
Face à la force brute, place à l’ingéniosité !
Il y a tout de même une bonne nouvelle de taille dans la période que nous vivons. Là où nous sortons de décennies d’omniprésence de la performance financière et des logiques de “one size fits all” ne laissant aucune place à l’innovation et la créativité, nous entrons dans un monde où tout est à construire. Et peu importe l’âge ou le secteur où vous opérez, il y a des bonnes idées à trouver quelque soit votre situation !
Il parait qu’en France on a pas de pétrole mais on a des idées.
Ça tombe bien, le pétrole venant à manquer, il est temps de profiter de nos idées !
Bonne rentrée à toutes et tous !




