Si vous n'utilisez qu'un outil pour mener une transition, utilisez celui-ci !
En plus, il est gratuit et accessible à tous.
Puisque l’agent orange en poste à Washington a finalement décidé de mettre à exécution ses menaces et porter un coup inédit depuis près d’un siècle au commerce mondial, il est plus que temps que tout un chacun se demande comment avancer dans cette nouvelle réalité.
Les limites planétaires ayant la fâcheuse tendance à se moquer de nos considérations bassement politico-économiques, la dernière plaisanterie issue de l’administration Américaine va très probablement se heurter à une double déconfiture.
D’une part, ériger des barrières pour “gagner en indépendance” quand 10% de la valeur totale de tout ce qu’on importe concerne simplement les matières premières (notoirement moins chères que les produits finis) est une stratégie pour le moins douteuse…
D’autre part, pour revenir à notre ami le climat, on peut bien lui répéter des centaines de fois par jour qu’il est “fake news”, il n’a pas dû comprendre puisqu’il continue de détruire au moins (l’étude date de 2023) 16 millions de dollars toutes les heures.
La bonne nouvelle, c’est que la voie de sortie de cette impasse est connue, depuis près d’un demi siècle, par la recherche en psychologie. Et cette solution, c’est celle-ci :
Transition version Kubler-Ross
Les plus affutés d’entre vous auront reconnu le modèle Kubler-Ross plus connu sous le nom de “courbe du deuil” qui est utilisé en gestion du changement. Voyons ce qu’il donne si on y applique les étapes que l’on constate lorsque l’on évoque la transition nécessaire pour respecter les limites planétaires.
Pourquoi utiliser ce modèle plutôt qu’un schéma de transition classique identifiant des besoins et appliquant des réponses ? Parce qu’un schéma de transition ne permet pas d’identifier la colère comme écueil sur la route du changement.
Un schéma de transition vous permettra d’expliquer de façon très construite et opérationnelle qu’il faut passer à la voiture électrique à grande échelle face à un parterre d’ouvriers automobiles. Et de ne pas comprendre lorsque la première tomate pourrie atterrira sur votre présentation.
D’ailleurs, nous sommes tous un peu concernés et cet outil nous permet tout autant de détecter les pièges sur une voie de transition que de chasser nos propres biais. Nous avons toutes et tous été à chacune de ces positions à un moment ou un autre. Et probablement le serons nous tant que la transition ne sera pas achevée autour de nous.
Et ce n’est pas que nous bien sûr. Tout autour de nous, le monde vit ce deuil d’une époque révolue avec plus ou moins d’élégance ou… pas.
Enfin, bien évidemment, les sociétés (économiques ou politiques) humaines étant avant tout des constructions façonnées par nos volontés, elles n’échappent pas à la règle.
Une petite note en passant sur cette version de la courbe : je n’essaie pas d’insinuer en affichant des revendications sociales que les transitions passent obligatoirement par une négation des combats sociaux. Si je défends un modèle intégrant la colère dans la gestion de la transition c’est tout le contraire.
Cependant, comme les limites planétaires se moquent de nos bisbilles politico-économiques, elles se moquent aussi de nos bisbilles sociales. Si les inégalités arrivent à faire s’inquiéter le très libéral The Economist, c’est bien qu’elles sont devenues totalement insoutenables.
Cependant, il est dangereux de considérer les limites planétaires au même niveau que nos aspirations sociales. L’un est un choix que nous pouvons faire en conscience, l’autre nous est imposé par la physique. Il faudrait être sacrément gonflé (ou faire de la politique) pour les mettre au même niveau.
Il existe un concept qui permet d’expliquer les raisons de ce phénomène en profondeur mais celui-ci mériterait son propre article qui arrivera bientôt, ce concept est le Paradoxe de Tocqueville
En version extrêmement accélérée : nous n’arrivons pas collectivement à envisager de changement qui n’aille pas vers un “mieux” quantifiable et perceptible car il s’agit de la promesse fondatrice de nos sociétés démocratiques.
Et soit nous changeons la définition de “mieux”,
soit nous acceptons de nous restreindre dans nos ambitions consommatrices,
soit…

Tout ça ne me dit pas comment on la fait, cette transition !
En partie si.
Puisque la logique est la même dans ce qui va suivre, mais si vous voulez un mode d’emploi par étapes, et comme j’aime être serviable, alors le voici le mode d’emploi
La transition est un chemin, beaucoup plus qu’un processus. L’ordre des actions que l’on entreprend est important mais comme tous les chemins, on peut le prendre dans les deux sens.
Soit vous partez d’une mesure d’exposition aux risques et vous raffinez votre positionnement jusqu’à arriver à un modèle d’organisation conforme aux limites planétaires. C’est le chemin pris par les organisations déjà installées puisqu’il est plus simple de faire bouger de tels paquebots petit à petit qu’en imposant une vision ésotérique venue d’un cabinet de consultants même pas sur Substack !
Decathlon par exemple a pris cette voie il y a plus d’une décennie. Et si ses derniers résultats laissent à désirer, il en va de même pour ses concurrents. Donc rejeter la faute sur le virage durable de l’enseigne est un peu facile.
Soit vous partez de la vision que vous souhaitez pour votre organisation et vous travaillez à rebours pour en déduire le chemin.
Pour rester dans le textile, c’est le positionnement de Patagonia notamment qui a dès le départ fait le choix d’un modèle durable respectant les limites planétaires.
L’important, quelle que soit la direction que vous choisissez, est de ne pas négliger la colère. Parce que contrairement à ce que voudraient faire croire des promoteurs d’une transition douce et sans vagues, dire que l’on va laisser de côté les règles du jeu qui nous ont mené jusqu’ici implique de tenir compte de ceux qui ont investi temps, énergie, compétences et travail dans le système actuel.
Sinon…









