Travailler à la transition durable en 2026, est-ce bien raisonnable ?
La trêve des confiseurs n’aura pas duré. Alors que l’année commence à peine, les premières conséquences concrètes du retour fracassant de la doctrine Monroe à Washington se font sentir.
La trêve des confiseurs n’aura pas duré.
Alors que l’année commence à peine, les premières conséquences concrètes du retour fracassant de la doctrine Monroe à Washington se font sentir. L’autocrate local a été débarqué, capturé et serait en route vers les Etats Unis pour être jugé pour des prétextes dont on entendra probablement plus parler d’ici quelques jours.
Puisque loin d’être une opération visant à évincer un régime dictatorial ou briser des flux de migrants ou de drogues, cette opération est bien, des mots même du président Trump, un moyen pour les Etats Unis de remettre la main sur les réserves de pétrole Vénézuéliennes, que l’on estime immenses.
Avons-nous encore le temps de l’environnement ?
Sur fond d’accélération des visées impérialistes du côté des géants Chinois et Américains, si l’usage de la force de façon aussi décomplexée se fait désormais pour récupérer les champs de blé Ukrainiens, les champs de pétrole Vénézuéliens (en attendant les Nigérians ?), quel argument pourrait-on opposer envers ceux qui lorgnent au hasard
Sur l’usine mondiale à semi-conducteurs et à puces électroniques ?
Sur une des dernières terres vierges d’exploitation de masse dont on suppose que les réserves minérales et fossiles sont immenses ?
A première vue, on pourrait se dire que nous sommes de retour à une période où la force prime sur tout et dans ces conditions, bien naïfs seraient ceux qui se préoccuperaient encore de sujets moraux ou éthiques comme la préservation de l’environnement ou la recherche d’une économie plus durable.
La raison du plus fort n’est que… celle du plus fort
Au risque d’opposer une naïveté à une autre, celles et ceux qui se servent de la situation internationale actuelle pour freiner les efforts en matière de durabilité font une erreur d’analyse fondamentale : ils se pensent dans le camp des dominants.
Après tout, est-ce vraiment grave si un salaud est aux commandes
tant que c’est -le nôtre-
Cynique certes, mais efficace.
Seulement voilà, les maîtres de Washington, Beijing ou Moscou n’ont pas l’air au courant des effectifs de leur club.
Que ce soit Vance à Munich au début de l’année qui promet devant un parterre de responsables atterrés la mort civilisationnelle de l’Europe. Poutine qui laisse fuiter des plans pour “tout brûler jusqu’à la Manche”, Beijing qui va au bras de fer avec l’Europe au point de provoquer des menaces de droits de douane de la part de la France ou tout simplement l’absence répétée et assumée des Européens dans les discussions sur le conflit en Ukraine…
Le moins que l’on puisse dire, c’est que les grandes puissances ne semblent pas nous compter parmi leurs rangs.
Donc, toutes celles et ceux qui se vivent dans “le camp des vainqueurs” en voyant ces reculs environnementaux et durables comme une bonne chose risquent une sacré gueule de bois quand ils et elles se rendront compte qu’ils ne sont pas conviés au partage du butin.
La durabilité, nouvelle stratégie du faible au fort
Au plus fort de la guerre froide, alors que les grands empires tergiversaient quand à savoir s’il fallait s’entretuer pour de bon, un petit pays pas très puissant sans pétrole mais avec des idées a mis au point une stratégie pour compter dans un jeu où il était matériellement impossible de jouer à armes égales avec les mastodontes mondiaux : la stratégie du faible au fort. Qui consiste à protéger son indépendance et sa souveraineté en assurant de répliquer à toute agression de façon assez décisive pour que le jeu n’en vaille pas la chandelle.
Si les enjeux ont évolué, les acteurs et la situation sont quasiment les même : la France et l’Europe n’ont plus de réserves de ressources naturelles qui leur assure une place à la table des négociations face aux grands empires. Nous condamnant donc à subir les arbitrages que d’autres feront à notre place sur notre économie et notre place dans le monde…
… Sauf si l’on rend le chantage à notre égard plus complexe ou moins impactant : c’est là que la durabilité prend toute sa place.
En ayant une économie qui soit moins prisonnière des livraisons de pétrole Américaines, moins dépendante des composants électroniques Chinois, moins abreuvée aux terres rares, aux métaux et aux ressources pour lesquels on se bat de plus en plus à la surface du globe… On devient dans le même temps moins sujet aux aléas voire aux chantages d’acteurs internationaux qui ont signé la fin de la mondialisation heureuse depuis 2022.
Oui mais ma PME…
Evidemment, chaque acteur économique, surtout les plus petits, n’ont pas la possibilité de se sécuriser pleinement face à des marchés mondialisés contrôlés par des géants. Cependant ne pas pouvoir tout faire ne signifie pas ne pouvoir rien faire (c’est même un sophisme classique utilisé contre les arguments durables) !
Examiner ses chaînes d’approvisionnement,
Lancer une étude de cycle de vie sur les produits et services que l’on propose,
Diversifier ses flux amont et aval,
Monter des partenariats avec des filières locales,
Intégrer du recyclé partout où on le peut…
Tout ceci est à la portée de la quasi totalité des entreprises. Et dans un moment où le monde hésite à retourner dans une période brutale et instable, ne pas explorer ces possibilités c’est accepter de courir un risque que l’on aurait pu éviter.
Alors oui, en 2026, la transition durable est plus que jamais raisonnable.
Même si les mois qui arrivent risquent d’être mouvementés, c’est la trajectoire
la moins incertaine qui s’offre à nous.
On aurait aimé commencer l’année sur une note plus légère, pour pouvoir vous souhaiter à toutes et tous une excellente année. Hélas, comme le dit le proverbe Chinois, nous vivons une époque intéressante.
Donc nous ferons au mieux avec cette année, confiantes et confiants que nous sommes sur une trajectoire solide.
Bonne rentrée, bonne semaine à toutes et tous !



Pour le Venezuela, c'était un un projet de longue date.
Enfin! C'est ce le noob que je suis perçoit.
Les usa savent depuis longtemps en avoir besoin. De façon plus en plus pressante (leur pic de conventionnel loin derrière et le pic de gaz de schiste déjà atteint (si je ne dis pas de bêtises. Avec des affaires en justice sur les annonces trompeuses sur les quantités disponibles ).
Les embargos bien pratiques sur le Venezuela, permettant d'en faire une réserve à portée de mains.
Sur la chaîne limit (je suis presque sur que ça vient de Vinz), ils expliquent que les usa, durant plusieurs années, avait développé l'industrie de traitement du pétrole très particulier de Venezuela...