Vivement le retour à l’anormal !
Dans un contexte mouvementé, un réflexe commun est de se rabattre sur le connu et le déjà expérimenté. En période de transition, ce réflexe peut s'avérer fatal.
Cette rentrée promettait d’être chaotique, et le mois de septembre commence à peine qu’on ne sait pas où donner de la tête tant l’exceptionnel et l’invraisemblable nous entourent.
Dans un contexte aussi mouvementé, un des premiers réflexes de toute personne à un poste de responsabilité est de retourner en terrain connu le temps que la vague passe et que le business as usual revienne.
Ce réflexe, dans le contexte politico-économique que nous vivons, pourrait bien être la pire erreur possible.
Le business as usual, première victime des périodes de transition
Se retourner sur ses arrières, repartir en terrain connu, capitaliser sur le déjà expérimenté… Tous ces réflexes sont salutaires lors d’une crise. N’importe qui ayant déjà créé ou suivi un plan de continuité d’activité sait bien que le moment où le navire tangue n’est pas exactement propice aux innovations et aux expériences.
Seulement voilà, ce réflexe tient à la définition que nous avons du mot “crise”
Une crise, c’est ça :
Un événement hors du commun, qui va faire vivre un sale quart d’heure à toutes celles et ceux qui y sont confrontés et qui va probablement faire des dégâts.
Jusqu’à ce qu’elle disparaisse et que la situation revienne à la normale.
Le propre d’une crise, c’est son caractère temporaire et ne remettant pas en cause la marche normale du quotidien.
Ce que nous vivons est un moment de transition entre deux conceptions mentales du monde. Et les frictions entre ces deux visions sont la cause de la quasi-totalité des conflits personnels, locaux, nationaux et internationaux qui nous entourent.
Nous vivons dans un modèle économique qui suppose des ressources naturelles abondantes, potentiellement infinies selon certaines écoles de pensée et disponible à des tarifs prévisibles.
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Ça vous semble définir correctement la réalité que nous vivons depuis quelques années ? Si vous avez répondu oui, c’est que vous n’avez pas eu à gérer des achats importants de bois, de lithium, de semi-conducteurs, de pétrole, de betteraves, de blé… Et d’une cinquantaine d’autres produits utilisés partout dans le monde et qui ont subi des ruptures de crise au mieux et des ruptures tendancielles au pire.
La différence ? Une rupture de crise laisse la possibilité d’un retour éventuel à la normale. Le marché du bois s’est envolé lorsque personne n’a découpé et traité la récolte de l’année du covid. Mais cette crise va s’effacer dans les années à venir (pour peu que l’on replante des essences résistantes au changement climatique).
Une rupture tendancielle, l’arrêt de la croissance au mieux et le début de la baisse au pire du volume d’une ressource indispensable et irremplaçable. Le pétrole, le lithium, le cuivre, le cobalt ou le phosphore sont dans ces cas.
Nous vivons dans un modèle politique qui suppose une croissance sans fin pour permettre de dégager des marges de manœuvre budgétaires pour combattre l’inflation d’un côté et remplir ses promesses électorales de l’autre.
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Ça aussi, ça vous semble définir correctement la réalité ? Le dernier grand conflit social violent en France a eu comme origine… l’instauration d’une taxe carbone. Et toutes celles et tous ceux directement dépendants de ce poste budgétaire pour continuer de travailler ont craqué. Ressource en rupture + inflation + nouvelle taxe, la recette parfaite pour l’explosion.
Brave new world ou retour à l’anormal ?
Bien évidemment, tout le monde n’est pas de cet avis. Et plus les personnes ont œuvré, souffert et investi pour se construire une situation, plus ils et elles sont peu disposés à tout remettre en cause.
Et c’est parfaitement compréhensible. Churchill disait que “quiconque n’est pas anarchiste à 20 ans n’a pas de cœur et qui l’est encore à 40 n’a pas de cervelle.” Ou dit autrement, toute personne qui a passé la moitié de sa vie à se construire une situation n’est que rarement enthousiaste à l’idée de tout remettre en cause.
Après tout, on entend de tout dans les médias. Celles et ceux qui avertissent d’un danger n’ont rien à perdre et ne connaissent pas “la vie réelle”.
Contrairement à toutes ces personnes aux commandes qui ont l’intérêt général chevillé au corps et l’esprit de sacrifice face à un moment historique exceptionnel.
Sarcastique, moi ? Jamais.
Les exemples de tentatives de retour au business as usual s’empilent et plus la panique monte du côté des dirigeants politiques comme économiques, plus on voit apparaître des tentatives qui auraient été jugées irréalistes dans une superproduction cinématographique il y a encore quelques mois…
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Dans tout ça, nous autres petits poissons dans le grand bain de l’histoire sommes remués dans tous les sens avec bien peu de certitudes quant à savoir à quel saint on va bien pouvoir se vouer.
La bonne nouvelle, c’est qu’il existe une méthode accessible pour clarifier tout ça et permettre de réduire son risque à un niveau gérable. Ou trouver des alternatives permettant de s’adapter si le risque est trop grand.
Make homo economicus great again
Nous sommes tous des esprits faillibles et enclins aux biais cognitifs. Nous ne sommes pas des machines et c’est une part de ce qui fait de nous des humains d’avoir ces moments de folie ou d’intuition qui nous font partir à la découverte du monde ou lever le voile sur un nouveau mystère.
Connaître ces (ou ses) biais est suffisamment important pour que la discipline soit enseignée dans les écoles de management et que des ouvrages paraissent régulièrement pour nous mettre en garde contre nous-même.
Le biais qui nous intéresse aujourd’hui est le biais de coût irrécupérable (ou “sunk cost fallacy”) qui postule qu’une fois une certaine somme d’argent, d’effort, de temps investi sur un sujet, il devient de plus en plus difficile de changer de trajectoire quitte à choisir des solutions fantasques ou dangereuses pour rester sur une voie que l’on connaît.
Dit autrement, ce biais permet d’expliquer comment des dizaines de millions de personnes ont été convaincues que l’on pouvait rendre leur pays “great again” pour peu que l’on donne les pleins pouvoirs à quelqu’un qui a vécu 6 faillites dans sa vie.
Et avant que vous ne soyez trop goguenards envers nos amis d’outre Atlantique, nous vivons dans un pays où le patron d’un des plus grands pétroliers du monde qualifie de “vie réelle” la fourniture d’une ressource dont on a cessé de découvrir de nouvelles réserves facilement exploitables il y a 18 ans.
Nous sommes peut-être plus sophistiqués, mais nous tombons dans les mêmes pièges !
La théorie économique postule que l’acteur humain (homo economicus) dans le système économique prend des décisions rationnelles et éclairées en ayant une conscience étendue des données du problème…
Chiche.
Vous voulez savoir si votre activité est durable ? Testez-là.
Vous voulez savoir si votre métier va être bouleversé ? Vérifiez-le.
Vous voulez savoir si votre chiffre d’affaires est à risque ? Mesurez-le.
L’attentisme et le retour au “bon sens” en période de transition est un piège fatal pour les personnes et les organisations.
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Vous n’avez pas les moyens de vous payer des consultants hors de prix ? La méthode est disponible en licence libre.
Vous n’aimez pas les méthodes libres ? Il en existe d’autres.
Vous préférez passer par un acteur que vous connaissez ? Faites-le.
Nous vivons un moment trop important pour céder aux dénégations et aux biais de réflexions. Il est urgent de garder la tête froide et de mesurer ce qui est en face de nous.
Et qui sait, dans l’anormal certains s’épanouissent dans des directions qu’ils n’auraient jamais imaginé auparavant !
Bonne rentrée à toutes et tous






