Bienvenue en Asymétrie
Le seul pays dont nous dépendons déjà tous mais dont personne ne reconnait l’existence.
C’était mieux… avant ?
On va se dire les choses franchement, chères lectrices et chers lecteurs. Au siècle dernier, la guerre était tout de même une affaire plus simple.
Destructrice, effroyable, inhumaine… Mais plus simple. Il suffisait d’avoir le plus grand nombre de canons, de tanks, d’avions, la plus grande puissance industrielle et on pouvait être raisonnablement confiant dans ses capacités à remporter un conflit.
La question des limites ne se posait pas. Dès lors on pouvait miser l’issue d’une guerre mondiale sur le contrôle d’un seul champ de pétrole puisque tout le reste était sous contrôle.
La définition du pouvoir découlait donc très naturellement de ce contrôle des ressources, dans une logique très simple et très linéaire :
plus d’énergie + plus de ressources = plus de pouvoir.
Arrivent les chocs pétroliers et un des piliers de cette équation vacille. “Plus” d’énergie dépendra désormais du bon vouloir d’acteurs multiples, aux intérêts divergents dans le meilleur des cas et antagonistes la plupart du temps. Une première limite est franchie et il ne suffit plus de travailler dur et de creuser profond pour être assuré d’une richesse et d’un confort futur, on fait avec cette limite et on commence à perfectionner nos machines puisque la simple force brute ne suffit plus.
Mais ce perfectionnement a un coût : celui de la fluidité de production, de sa prédictibilité et de la multiplication de points de frottement qui peuvent à tout moment rompre et interrompre le processus.
Mais peu importe, l’innovation nous sauvera !
Puisque l’on ne peut plus progresser en volume, progressons en valeur ajoutée ! Du moins, ça a été le plan depuis les années 80. On concentre les centres de profits et les activités à haute valeur ajoutée dans les économies les plus riches et on délègue le reste aux autres.
Après tout, qui pourrait croire qu’une civilisation vieille de 2,5 millénaires apprenne à copier nos techniques et nous les renvoie moins cher ?
Vraiment, qui aurait pu prédire !
Mais je m’égare. Le perfectionnement donc.
Au contraire de l’équation précédente, la logique du perfectionnement peut se résumer ainsi :
à peu près autant d’énergie + plus de ressources + plus de ressources + plus de ressources + plus de ressources = plus de pouvoir.
Cela fonctionne pendant un temps et permet de dégager de nouvelles marges et de conserver une avance d’innovation sur ses concurrents puisque la course ne se fait plus au volume, mais à la qualité. Mais ce perfectionnement crée deux limites :
Si l’on est assis sur des dizaines de ressources différentes pour maintenir son pouvoir, soit on les contrôle toutes (ce qui n’est le cas de personne) soit… On devient dépendant de l’entité qui assemble ces ressources parce que ces ressources ne passent plus par chez nous pour être assemblées, du fait de la stratégie de perfectionnement.
On se retrouve à manier un pouvoir de plus en plus virtuel sous la forme de capitaux ne pouvant pas être transformés sans ressources que l’on ne contrôle plus.
Et c’est là que… bienvenue en asymétrie !
Nous venons de passer quelques décennies bercés par le souvenir que le pouvoir se résumait au plus grand nombre de tanks, d’avions, de fusils, de pétrole, de dollars ou d’euros… jusqu’à être brutalement réveillés depuis 2022 avec l’Ukraine et plus encore 2026 avec l’Iran.
Russie / Ukraine : une évidence… sur le papier.
Dans le premier cas, une armée immensément plus importante et censément une des plus grandes du monde attaque une puissance moyenne possédant moins du dixième de sa population : en théorie selon la logique du XXème siècle, c’est une affaire de semaines. En pratique, quatre ans plus tard ils y sont encore et David semble prendre l’ascendant sur Goliath (avec des sacrifices immenses et un coût astronomique). Pourquoi ? Parce qu’ils ont compris avant les autres que la valeur capitalistique mise sur un champ de bataille ne signifie pas grand chose face à une logique de perfectionnement à bas coûts.
Les livres d’histoire se rappelleront probablement dans quelques décennies des colonnes de chars Russes en Ukraine comme des colonnes de cavaliers Polonais au début de la seconde guerre mondiale : le dernier souffle d’un ancien monde qui plie face au nouveau.
Etats Unis / Iran : le coup de poker de trop ?
Dans le second, l’affaire est un peu différente. D’un côté les Etats Unis, persuadés et persuadant qu’ils sont la seule et unique superpuissance au monde face à un régime totalitaire fanatisé au ban des nations depuis des décennies mais possédant assez de pétrole pour s’être constitué un trésor de guerre en matériel et en influence. Dans ce cas précis la logique de perfectionnement a joué contre les Etats Unis puisque le pays dont ils dépendent pour alimenter leur électronique, leur industrie et même leur agriculture est client du pétrole Iranien. Et activement intéressé à limiter le poids des US dans le commerce mondial pour récupérer la place qu’ils estiment avoir perdu durant les guerres de l’opium.
Et l’Europe dans tout ça ?
L’Europe a compris, en théorie, qu’elle devait sortir de cette impasse par le haut. Son plan RESourceEU, son Critical Raw Materials Act et ses objectifs de recyclage à 2030 dessinent une stratégie de résilience par l’innovation, la régulation et la diversification.
Mais cette architecture se heurte à un mur : la Banque centrale européenne (BCE), indépendante et fidèle à son mandat de stabilité des prix, continue de financer massivement le statu quo en acceptant des actifs fossiles comme collatéraux et en maintenant des taux qui renchérissent le coût des investissements verts.
Dit autrement, l’Europe a compris en théorie où elle devait aller, mais persiste à essayer de le faire en préservant les acquis d’un monde qui appartient déjà aux livres d’histoire.
Ce décalage n’est pas un bug : c’est la conséquence directe d’une construction politique où la politique budgétaire (États et Commission) et la politique monétaire (BCE) avancent en parallèle sans se parler. Pratique…
Dans un monde asymétrique et raréfié, cette dissonance devient un risque critique. Elle fragilise la compétitivité industrielle, exacerbe les tensions Nord-Sud, et risque de transformer l’Europe en simple marché de consommation pour les blocs (Chine, États-Unis) qui ont su aligner leur banque centrale sur leur stratégie industrielle.
Les conséquences sont déjà visibles : les projets verts sont délocalisés, les énergies fossiles profitent de la guerre, et les ménages, asphyxiés par l’inflation, refusent de payer le prix d’une transition qu’ils perçoivent comme injuste. L’asymétrie géopolitique se double d’une asymétrie sociale. La fenêtre de tir pour éviter le décrochage se compte désormais en années plus qu’en décennies.
Mais en attendant que les institutions bougent, que peuvent faire les acteurs économiques, et en particulier les moins fortunés d’entre eux, pris en étau entre des injonctions contradictoires et des risques concrets ?
Bienvenue en Asymétrie, édition entreprises !
S’il y a une première conclusion qu’il faut tirer de cette situation et que chacun peut appliquer dans sa vie de tous les jours, c’est celle-ci : les capitaux ne signifient plus grand chose dans la viabilité économique.
Vous êtes couvert de milliards et voulez lancer un produit qui nécessite une ressource en tension ? Vous êtes dépendant de votre fournisseur. Et il le sait. S’il a les moyens de vous doubler en rachetant vos réseaux de production et de vente, il y a peu de chances qu’il se prive.
Ce qui est au niveau individuel une transaction tout à fait sensée devient au niveau d’un tissu économique une dépendance absolue à un donneur d’ordres qui tient non seulement les cordons de la bourse, mais également les clefs du garde manger. Si cela vous semble une perspective souhaitable, vous êtes probablement un.e des seul.e.s !
Sortir de l’impasse en sortant de la logique purement capitalistique
Puisque les capitaux sont une boussole obsolète, qui ne tient pas compte des risques et des frictions d’un monde asymétrique, il en faut une nouvelle.
Une boussole fondée sur une logique sécurité / risque tenant compte de tous les fondamentaux d’une entreprise (entrants, capitalistiques, sortants) et calculant non pas un score de croissance ou de bénéfices. Mais un score de sûreté dans un moment de redistribution des cartes du pouvoir et de l’influence au niveau mondial.
D’ici à ce que les nouvelles normes se stabilisent, et si le climat veut bien nous en laisser le temps, une boussole pour naviguer par gros temps vaut probablement bien mieux qu’un compteur de vitesse utilisable uniquement par temps calme.
Archimede s’inspire des normes GRI, CSRD et des principes du Donut, mais qui reste d’une simplicité d’usage radicale. 3 piliers x 3 indicateurs x 3 sous-indicateurs : 27 données pour une estimation rapide de vos risques physiques.
Comparé à la centaine d’indicateurs de la “version simple” de la CSRD que sont les normes VSME… On est sur une autre planète : celle de l’économie réelle.
Par exemple, pour une PME métallurgique ou agroalimentaire, Archimède devient un véritable co-pilote :
Il détecte les fragilités silencieuses (ex : dépendance critique à un fournisseur unique de magnésium)
Il permet de simuler des scénarios (relocalisation, recyclage, diversification) en quelques heures
Il rassure les banques et les donneurs d’ordre en prouvant, chiffres à l’appui, que l’entreprise maîtrise ses risques
Il génère des analyses conformes aux standards mondiaux, transformant la corvée de la conformité en argument de compétitivité.
Dans le chaos actuel, les entreprises en sécurité ne sont pas celles qui attendent, mais celles qui s’équipent pour naviguer dans le brouillard.
Archimede n’est pas une solution miracle, c’est une boussole.
Et dans un monde sans cap, survivre sans boussole est plus que compromis.



