Jamais deux sans... trois ? Pour le moment ?
Après une semaine consacrée à un débat indispensable sur la présence ou non de clim pour sauver le monde, nous approchons du troisième épisode de chaleur de l'été, dans un contexte qui se dégrade.
Troisième canicule de l’été avant le 14 juillet. Il y a quelques années, quiconque aurait sorti ce titre de presse se serait instantanément fait taxer d’oiseau de mauvaise augure, de prophète d’apocalypse, ou plus simplement de chouineur vu que le niveau de vocabulaire baisse avec la chaleur même chez les dignes héritiers de Guignol.
Les semaines se suivent et hélas se ressemblent. La semaine dernière, nous souhaitions une bonne semaine fraîche à nos lectrices et lecteurs avant le retour des ennuis et comme très souvent sur ce blog, on aurait adoré avoir tord.
Comme une grenouille en temps de canicule : pourquoi ne sommes-nous pas mieux préparés ?
J’ai déjà publié une mise à jour de la situation globale il y a quelques minutes . Pour celles et ceux qui suivent l’analyse factuelle d’un monde en chute libre, la dose hebdomadaire de douche froide est servie. En ces temps de canicule, je suis certain que vous apprécierez.
Canicule, chapitre 3 : la France face à son impuissance chronique
Hélas, même pas une semaine après la fin de la dernière vague de chaleur, la canicule est de retour. Seize départements basculent en vigilance orange ce lundi 6 juillet à midi, avec des températures qui dépasseront 40°C dans le Sud-Ouest. Il s’agit du troisième épisode de fortes chaleurs de l’année 2026.
Rappelons les faits. Mai a enregistré 292 records mensuels de température. Juin a été le mois de juin le plus chaud jamais enregistré en France, avec un pic à 40,6°C et un indicateur thermique national à 29,8°C le 23 juin. Le bilan sanitaire de la seule canicule de juin s’élève à 2 025 décès supplémentaires.
Aujourd’hui, la vigilance orange couvre le Sud et l’Ouest. Météo-France prévoit des maximales de 36 à 39°C, localement 40°C. La chaleur devrait persister jusqu’à 7 à 10 jours dans le sud. La vigilance jaune est étendue à 43 départements, et une extension de la vigilance orange est jugée “très probable”. À Paris, les températures atteindront 32 à 34°C dès lundi, et dépasseront les 35°C à partir de mardi. Les nuits ne descendront pas en dessous de 20 à 25°C.
Sept départements sont par ailleurs placés en risque “très élevé” d’incendie.
Parce que contrairement à la mémoire de travail des experts de plateau, les épisodes climatiques n’arrivent pas sur une page blanche repartant de rien. Celle-ci arrive sur un pays desséché, avec des récoltes déjà en souffrance et une végétation qui ne peut plus encaisser de nouveaux chocs.
Un été qui n’a rien d’un accident
Nous écrivions la semaine dernière, que la France se comportait comme une grenouille dans une marmite : l’eau chauffe, mais nous attendons, dopés à la nostalgie, que la température redescende.
La réalité est implacable. Les vagues de chaleur précoces et tardives deviennent plus fréquentes sous l’effet du changement climatique. Ce n’est pas un aléa. C’est une tendance lourde, chiffrée, documentée. Et pourtant, à chaque épisode, le même rituel se répète : activation des plans d’urgence, annonces budgétaires, indignation politique, puis retour à l’ordre normal dès que le thermomètre redescend.
La ministre de la Transition écologique elle-même réclame désormais de “vrais budgets pour l’adaptation”. Les socialistes déplorent la réduction du fonds vert dans le budget 2026.
Une motion de censure est examinée ce lundi sur la gestion de la canicule par le gouvernement. Comme si changer de capitaine en plein incendie pouvait résoudre la crise.
Mais ces débats, aussi légitimes soient-ils, butent sur un obstacle que nous avons identifié la semaine dernière : dans un système en tension permanente, lever le nez pour considérer un problème hypothétique futur est un luxe. Un luxe que la France, après deux canicules historiques et à l’aube d’une troisième, ne peut plus s’offrir.
Le coût de l’inaction
Les épisodes de mai et juin 2026 ont déjà un coût humain : plus de 2 000 morts. Ils ont un coût économique, sanitaire, social… Les hôpitaux sont sous tension. Les incendies font rage. Les approvisionnements sont menacés.
Et pourtant, nous n’avons toujours pas intégré une donnée pourtant simple : la durabilité n’est pas une option éthique, c’est une condition de survie.
Nous l’écrivions il y a sept jours :
“Ne faites pas de la durabilité pour sauver le monde,
faites de la durabilité pour vous préserver vous et votre boîte.”
Cette troisième canicule en moins de deux mois le confirme : le risque n’est plus théorique. Il est là, répété, intensifié, durable. Les entreprises qui n’ont pas anticipé leurs besoins en eau, en énergie, en confort thermique pour leurs salariés et leurs bâtiments, en continuité d’approvisionnement, subiront de plein fouet les conséquences.
Et comme nous le rappelions, 30 à 40 % des entreprises ne survivent pas à leur première crise. Quand elles sont dans un système économique qui va bien.
Regardez autour de vous, vous avez l’impression que ça aille bien ?
Agir, maintenant
Ce n’est pas une question de “greenwashing” ou de communication. C’est une question de pérennité. Les modèles économiques qui reposent sur un climat stable, des chaînes d’approvisionnement prévisibles et des conditions de travail soutenables sont en train de voler en éclats.
Les canicules de 2026 ne sont pas un avertissement. Ce sont les premières salves d’un monde qui se réchauffe de 2,2 °C déjà, et qui s’achemine vers +4 °C d’ici la fin du siècle.
Votre entreprise est-elle prête ?
Demain, une nouvelle canicule s’abat sur la France. La semaine prochaine, peut-être une autre. L’été n’est pas fini.
Posons-nous les bonnes questions, maintenant :
Vos approvisionnements sont-ils sécurisés face à des ruptures logistiques ?
Vos bâtiments permettent-ils de travailler dans des conditions soutenables par 40°C ?
Vos salariés les plus vulnérables sont-ils protégés ?
Avez-vous un plan de continuité d’activité qui intègre des scénarios de chaleur prolongée ?
Ne pas avoir de réponse à ces questions, c’est accepter de faire partie des 30 à 40 % qui ne passeront pas le cap si le moindre pépin vient s’ajouter aux conditions qui empirent.
Le moment d’agir, c’est maintenant.
La troisième canicule de l’été commence demain. Le 14 Juillet est encore devant nous.
Maintenant.
Établissez votre plan de continuité d’activité. Auditez vos vulnérabilités. Sécurisez vos chaînes d’approvisionnement. Protégez vos équipes.
Si vous venez d’arriver sur ce blog, vous vous dites peut-être qu’il faut être gonflé pour faire sa réclame en temps de crise. Si c’est le cas déjà bienvenue. Ensuite c’est un message que l’on porte qu’il pleuve, qu’il vente, ou qu’il fasse chaud.
En ces moments de canicule, le message est juste plus audible.
Dans une marmite qui chauffe, la seule issue, c’est de sortir avant l’ébullition.
Bonne semaine à toutes et tous, faites attention à vous.




